Vendredi 21 décembre 2007
Je viens de découvrir ce texte en classant des papiers, j'en recopie une petite partie...
"L'infini, c'est de te rejoindre sans jamais pouvoir t'atteindre... Je balbutie ces mots, qui m'échappent, sans vraiment les comprendre, en espérant répondre à l'inquiétude que tu as lue dans mes
yeux.
Nous parlons depuis des heures, avec des silences si longs qu'ils me semblent des océans, où nous nous noyons avant de les avoirs traversés.
A chaque bout de la table, malgré nos mains qui parfois se rejoignent sur la nappe, je vois nos corps comme deux rives lointaines qui se font signes. Nous voudrions plonger, l'un à la rencontre
de l'autre, l'un dans l'autre, mais nos silhouettes demeurent attachées à leur ombre de chair. Seul le regard, plus léger, comme la colombe lâchée d'une fenêtre de l'arche, parvient à dépasser le
sable de nos mains, désespérement agrippées l'une à l'autre...
AIMER, C'EST NECESSAIREMENT SOUFFRIR. AIMER, C'EST JUSTEMENT ACCEPTER CETTE DOULEUR, CETTE INVEVITABLE DECHIRURE. ON Y APPREND NOTRE INSUFFISANCE, LA PART MANQUANTE QUI NOUS EST
ESSENTIELLE, ALORS QUE NOUS CROYONS A L'UNITE EXTERIEURE DE NOTRE PERSONNE, A SON APPARENTE AUTONOMIE.
L'amour se manifeste d'abord comme une intrusion. Celle d'un visage qui nous était naturellement étranger, ou qu'on maintenait à une distance respectueuse - une distance de sécurité - et puis
qui, soudain, comme une lame inattendue, ouvre une large brèche dans le haut rempart de la digue, surgit du coeur de soi, au beau milieu de nos pensées, de nos sentiments les plus secrets,
brouillant le paysage trop familier.
Dans l'amour, on ne se reconnaît plus, notre image brisée par celle de l'autre que l'on voudrait reconnaître en soi.
Dans l'amour, il y a cet écartèlement de sentir une autre chair comme notre chair intime, à l'intérieur de nous-même, et néanmoins insaisisable, au-delà de nos propres contours.
C'est l'âme que nous cherchons, et nous n'avons que notre corps pour nous rapprocher un peu. C'est l'âme que notre âme cherche à atteindre, à nommer, à saisir, et nos bras se referment sur cela
même qui nous sépare."
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L'amour chaste, c'est la folie, la beauté de l'amour porté à l'extrême, et qui remue au fond de tout désir : l'infini, qui n'est ni dans l'autre, ni au plus secret de soi, mais dans cet élan
inachevable de l'un vers l'autre, de l'un pour l'autre ; dans cette tension, faite à la fois de désespoir et d'exaltation, vers une unité qui n'efface pas la merveille de ton visage.
signé Philippe Mac Leod (mais j'ignore la source...)