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Mardi 8 avril 2008

Trouvé ces phrases dans 'se résoudre aux adieux'...
"aimer, ce n'est pas s'installer une fois pour toutes au sommet de ses certitudes. C'est douter toujours, trembler toujours. Et puis, demeurer vigilant pour éviter que le poison mortel de l'habitude ne s'insinue et nous tue, ou pire : nous anesthésie. Ne pas croire que plus rien ne reste a faire mais au contraire séduire, séduire encore.
Aimer, ce n'est pas gagner à tous les coups. C'est prendre des risques, faire des paris incertains, connaître la frayeur de perdre sa mise pour mieux savourer le frisson de la doubler.
Aimer, ce n'est pas emprunter des routes toutes tracées et balisées. C'est avancer en funambule au-dessus de précipices et savoir qu'il y a quelqu'un au bout qui dit d'une voix douce et calme : avance, continue d'avancer, n'aie pas peur, tu vas y arriver, je suis là"

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Mercredi 26 mars 2008

Une phrase pour aujourd'hui, cela suffira, que je recopie de mémoire et qui doit se trouver dans l'immense journal de Julien Green : "écrire son journal, c'est s'envoyer une lettre à soi-même pour se donner à soi-même des nouvelles" On peut certainement dire la même chose de certains blogs...

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Mardi 22 janvier 2008

Ecrire pour obéir au besoin que j'en ai.
Ecrire pour ne plus avoir peur.
Ecrire pour panser mes blessures. Ne pas rester prisonnier de ce qui a fracturé mon enfance.
Ecrire pour me parcourir, me découvrir. Me révéler à moi-même.
Ecrire pour savourer ce qui m'est offert. Pour tirer le suc de ce que je vis.
Ecrire pour agrandir mon espace intérieur. M'y mouvoir avec toujours plus de liberté.
Ecrire pour soustraire des instants à l'érosion du temps.
Ecrire pour être moins seul. Pour parler à mon semblable. Pour chercher les mots susceptibles de le rejoindre en sa part la plus intime. Des mots qui auront peut-être la chance de le révéler à lui-même. De l'aider à se connaître et à cheminer.
Ecrire pour mieux vivre. Mieux participer à la vie. Apprendre à mieux aimer.
Ecrire pour que me soient donnés ces instants de félicité où le temps se fracture, et ou enfoui dans la source, j'accède à l'intemporel, l'impérissable, le sans-limite. 
Ecrire pour rester vivant.
Ecrire pour ne rien dire trop souvent. 
Et chacun peut allonger la liste comme il l'entend.

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Dimanche 30 décembre 2007
Quelques paroles de lumière trouvées dans le dernier llivre de Christian Bobin 'la dame blanche'..
-Le corps ne m'intéresse pas, je n'aime que les âmes timides. 
-Le simple sentiment d'être en vie m'est une extase. 
-Etre saint, c'est être vivant. Etre vivant c'est être soi, seul dans son genre. Un saint est un bon élève. 
-Bien avant d'être une manière d'écrire, la poésie est une façon d'orienter sa vie, de la tourner vers le soleil levant de l'invisible. 
-L'homme n'est que néant tant que la pensée n'a pas taillé son âme comme un joyau dont chaque facette célèbre la lumière éternelle. 
-Rencontrer quelqu'un, le rencontrer vraiment - et non seulement bavarder comme si personne ne devait mourir un jour - est une chose infinement rare. 
-Emily sait quelque chose que les autres ne savent pas. Elle soit que nous n'aimerons jamais plus d'une poignée de personnes et que cette poignée peut à tout moment être dispersé, comme les aigrettes du pissenlit, par le souffle innocent de la mort. Elle sait aussi que l'écriture est l'ange de la resurrection.
 
(Emily DICKINSON 1830-1886 dont la poésie ne fut découverte qu'après sa mort)
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Vendredi 21 décembre 2007

Je viens de découvrir ce texte en classant des papiers, j'en recopie une petite partie... 
"L'infini, c'est de te rejoindre sans jamais pouvoir t'atteindre... Je balbutie ces mots, qui m'échappent, sans vraiment les comprendre, en espérant répondre à l'inquiétude que tu as lue dans mes yeux.
Nous parlons depuis des heures, avec des silences si longs qu'ils me semblent des océans, où nous nous noyons avant de les avoirs traversés.
A chaque bout de la table, malgré nos mains qui parfois se rejoignent sur la nappe, je vois nos corps comme deux rives lointaines qui se font signes. Nous voudrions plonger, l'un à la rencontre de l'autre, l'un dans l'autre, mais nos silhouettes demeurent attachées à leur ombre de chair. Seul le regard, plus léger, comme la colombe lâchée d'une fenêtre de l'arche, parvient à dépasser le sable de nos mains, déses
pérement agrippées l'une à l'autre... 
AIMER, C'EST NECESSAIREMENT SOUFFRIR. AIMER, C'EST JUSTEMENT ACCEPTER CETTE DOULEUR, CETTE INVEVITABLE DECHIRURE. ON Y APPREND NOTRE INSUFFISANCE,
LA PART MANQUANTE QUI NOUS EST ESSENTIELLE, ALORS QUE NOUS CROYONS A L'UNITE EXTERIEURE DE NOTRE PERSONNE, A SON APPARENTE AUTONOMIE. 
L'amour se manifeste d'abord comme une intrusion. Celle d'un visage qui nous était naturellement étranger, ou qu'on maintenait à une distance respectueuse - une distance de sécurité - et puis qui, soudain, comme une lame inattendue, ouvre une large brèche dans le haut rempart de la digue, surgit du coeur de soi, au beau milieu de nos pensées, de nos sentiments les plus secrets, brouillant le paysage trop familier. 
Dans l'amour, on ne se reconnaît plus, notre image brisée par celle de l'autre que l'on voudrait reconnaître en soi. 
Dans l'amour, il y a cet écartèlement de sentir une autre chair comme notre chair intime, à l'intérieur de nous-même, et néanmoins insaisisable, au-delà de nos propres contours.
C'est l'âme que nous cherchons, et nous n'avons que notre corps pour nous rapprocher un peu. C'est l'âme que notre âme cherche à atteindre, à nommer, à saisir, et nos bras se referment sur cela même qui nous sépare." 
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L'amour chaste, c'est la folie, la beauté de l'amour porté à l'extrême, et qui remue au fond de tout désir : l'infini, qui n'est ni dans l'autre, ni au plus secret de soi, mais dans cet élan inachevable de l'un vers l'autre, de l'un pour l'autre ; dans cette tension, faite à la fois de désespoir et d'exaltation, vers une unité qui n'efface pas la merveille de ton visage. 
signé Philippe Mac Leod (mais j'ignore la source...)

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Mercredi 3 octobre 2007

Je trouve des choses épatantes chez Aristote, je pense ses conseils sur l'amitié tout a fait judicieux. Je ne résiste pas à recopier quelques extraits.. 
"L'amitié, en effet, est une forme de communauté. Tout ce qu'on veut pour soi, on le veut pour son ami. Ainsi, autant avoir conscience de son propre être est une chose désirable, autant avoir conscience de l'être de son ami est désirable. Et cette conscience est là quand nous vivons les choses ensemble. C'est bien cette cette vie ensemble que les amis recherchent. C'est pour cela que certains boivent ensemble, d'autres jouent aux dés ensemble, d'autres encore s'exercent à la gymnastique, vont à la chasse, ou font de la philosophie ensemble, tous passant leur journée ensemble dans les activités de vie qu'ils aiment le plus. 
On peut dire qu'aimer c'est vouloir pour quelqu'un les choses qu'on estime bonnes pour lui et non pas pour soi-même et les réaliser dans la mesure du possible. Un ami est celui qui aime ainsi et qui est aimé de retour. Ceux qui pensent avoir ces sentiments l'un à l'égard de l'autre pensent être des amis. Cela étant posé, il suit nécessairement que l'ami est celui qui participe au plaisir de l'autre dans le bien, et à sa douleur dans le mal, à cause de lui, et pour aucune autre raison....
ET CELA  A  2400 ANS...

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Jeudi 20 juillet 2006

Nouvelle lecture de C. Bobin :  "La vie comme elle va, oisive, éternelle. Des heures d'oisiveté pour une seconde d'or pur, d'écriture. La durée se précipite dans l'éclair de l'encre.  Accepter cette perte  de temps, sans jamais prétendre la modifier, la remplir. L'inachevé, l'incomplétude seraient essentiels à toute perfection.  Infinie conversation avec un enfant  :  plus qu'une affaire privée,  cela concerne - immédiatement, nerveusement - le sens du monde et de l'éternité.  L'amour en personne dans le visage d'un enfant semblable à des milliers d'autres : unique.

par part.dieu publié dans : litterature
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Lundi 17 juillet 2006

Hier retrouvé par hasard un livre de C. Bobin et j'ai noté ceci : "Je ne crois pas vous avoir dit que j'ai un travail, que je suis, comme tout un chacun, soumis à ce mensonge obligé d'un travail, à cette considérable perte de temps, de vie.  Je crois que le mieux est de n'en pas parler.  Ecrire seulement. Ne rien changer.  Laisser s'accumuler la colère, le desespoir.  Continuer.  Laisser la décision, une décision, se faire, se prendre comme d'elle-même, au bout d'un temps infini, peut-être proche, peut-être lointain.  Je ne peux rien sur ma vie.  Surtout pas la mener.   Il y a cette phrase, lue hier, dans la lumière attenuée de l'hiver, dans un de ces livres désuets qu'il m'arrive d'ouvrir, au hasard, à n'importe quelle page :  JETEZ TOUS VOS SOUCIS EN DIEU.

à suivre...

par domi.lyon publié dans : litterature
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