MA DRÔLE DE VIE...
Qui se souvient de cet auteur qui a choisit volontairement de quitter ce monde en 1994, je crois... Reste ses romans en particulier 'le temps voulu'
(Flammarion 1979) Je crois qu'on doit plus le trouver en poche. C'est dommage. Je le recommande bien volontiers... On pourrait le résumer ainsi : l'amour entre garçons, C'EST DU TEMPS VOULU,
difficile et facile à la fois... sans le sida, sans l'ordinateur, sans téléphone portable... Ben moi, je me retrouve un peu dans tous les personnages... Oui, Yves tu restes vivant à travers tes
livres, et tu m'aides un peu à vivre quand je suis à la campagne, isolé de tous..
"Je ne vois plus que le haut de sa tête. Va-et-vient. Une bouche, cette bouche. L'entrée. Une
entrée. Un mouvement. Je me suis laissé écarteler. Mains à plat sur la couverture, je regarde le plafond. Qui vit au cinquième, au sixième ? Qui vit au-dessus et en dessous ? Qui vit partout ? Et
moi, là Et D. à l'ouvrage. Je vais jouir seul, encore une fois. On jouit toujours seul. Comment faire pour "ne plus penser à rien..." Je jouis, sans même m'en rendre compte ou sans même avoir eu
le temps de prévenir par un soupir, ne serait-ce qu'un petit bruit de gorge. Le va-et-vient ralentit. D. s'arrête. Il plaque alors très fort sa tête entre mes jambes, les oreilles collées à mes
cuisses, le nez dans la couverture. Et il me donne des coups furieux, comme s'il voulait entrer en moi. Puis il se jette sur moi, bras tendus de chaque côté de mes épaules. Il rit "c'était
bon"..." Il veut m'embrasser. Je détourne la tête. Semence. Ma semence. Non. C'est. C'est ainsi.
Il n'a pas voulu dormir dans la chambre d'amis "je n'aime pas les lits". Quand je suis sorti de la salle de bain, il avait tout éteint, il dormait déjà, enroulé dans la couverture, tout tourné
vers la cheminée, les poings serrés sur ses lèvres.
Le lendemain matin, nous nous serrons la main devant la bouche du métro Europe. Nous ne nous sommes rien dit. Au moment de me quitter, il lance simplement un "pour les intrigues, tu ne t'es
toujours pas expliqué". Et il disparait".
Je rajoute avec malice, bien sur il s'agit d'un roman, dans la vraie vie, faut mieux pas tomber amoureux, c'est trop compliqué à gérer... trop compliqué surtout quand on a vingt ans de
moinsou de plus.... mais un moment d'étourderie et quelqu'un entre entre dans votre vie, bouscule, carresse, attaque, prend place. Avant même que tout commence, c'est déja trop tard. On ne sait
pas qui choisit qui, quand, comment, pourquoi. On ne le sait qu'après. Quand tout est terminé, l'un rejetant sur l'autre toute la responsabilité... Cela pourrait faire le commencement
d'un roman, mon roman...