MA DRÔLE DE VIE...
Je suis certain que F doit rire de mes gaucheries. Et moi, je ris de son rire ! Je ne me justifie en rien mais j'ai conscience qu'en une dizaine d'années, un fossé s'est creusé pour ceux qui n'ont pas pris le train de la modernité. Si, je n'avais pas eu les enfants, j'en serai encore aux bonnes vieilles K7 ! Dois-je jeter les centaines qui traînent encore dans le placard ? Non, je conserve et pourtant, je suis pas conservateur. Je sais bien que tous 'nos trésors' finiront, un jour, sur le tas d'ordures. Peut-être que ce que j'écris ici restera après que j'aurai disparu et encore, je pense avoir la force de tout effacer avant la froide nuit. Restera mes dizaines de cahiers d'écoliers, mes enfants les lieront peut-être s'ils en ont le courage. Je n'en suis pas certain ! Je n'ai pas de secrets de famille à devoiler. Quelques histoires croustillantes et encore. Ils découvriront qu'on peut aimer nécessairement sans forniquer. Ils découvrirons mes pauvretés surtout. Cheminer comme je le fais, c'est laissé apparaître ses faiblesses sans artifice. On cherche tous de la comprehension jusqu'à l'intime parfois mais on reste un mystère à ses propres yeux. Je sais bien que, parfois, on rencontre de la sincérité dans le regard de l'autre. J'en sais aussi la fragilité. Je crois que j'apprends, petit à petit, la souffrance de l'autre et l'âge ne fait qu'agraver cela. Je repense à C qui m'en parlait recemment. Je me fais une spécialités des quinquas et de leur 'mal de vivre'. Je sais bien qu'il est facile de dire qu'il faut resister, être fort. L'enfer est déjà vécu par certains qui continuent de faire semblant car, ils n'ont pas d'autre choix. Souvent, je me dis l'immense chance que j'ai et même si je suis pas moderne comme je consens à ma propre réalité, très petitement, faiblement, pauvrement...