-En remontant dans le car vers 18 h, la radio commente la mort de Pascal S. ; cette fois-ci, c'est la bonne, hélas. Il restera présent à beaucoup
par ses écrits ; de moi, il ne restera rien. C'est un peu jeune quand même, je trouve, et je me mets à compter mes années avant 62 !! affreux. Pourtant mon après-midi fut lumineuse avec F
instants précieux, forcement rares et faut se quitter, c'est injuste, c'est ainsi. En toute modestie, je crois pas m'être trompé sur ce garçon ; mon attirance pour lui se renforce à
chaque rencontre alors je me dis faut mieux pas se voir trop souvent, quel paradoxe d'écrire cela. Peut-il y avoir un amour heureux ? Mieux dormi cette nuit, bien sur, pensé à Pascal S, il a
retrouvé, je l'espère, son amour essentiel S, mais cela il ne l'écrira plus jamais et la vie continue encore.
-Je venais à peine de quitter F du regard, quand j'entends par la radio du bus la mort de Pascal S à travers un interview de Philippe B dont je venais d'offrir un livre à F. Cela fait beaucoup en
même temps et les larmes ont envahi mon visage. Je savais Pascal S malade mais à imaginer une issue aussi rapide, c'est injuste, pourquoi lui ? La littérature est en deuil, c'est tout. Par tes
écrits, tu resteras présent dans le coeur de beaucoup ; dans le mien en tout cas et ce blog n'est pas complétement étranger à tes journaux intimes. Je suis encore sous le choc et ce n'est demain
que j'aurais le courage de te relire... C'est la vie sans lui qui commence. Et la vie continue toujours tant qu'on reste vivant. Mais c'est dur de voir partir ceux qu'on aime. Oui, il y a des
jours fragiles qu'il faut traverser en essayant de ne pas tomber soi-même. (notes écrites le 9 et 10 mai) En relisant ces mots ce soir, je trouve cela mal formulé ! Est-ce
l'émotion d'une trop grande sensibilité... Le regret de ne pas avoir dit plus à F, impression de rester à la surface des choses.. entre ce que je souhaiterai dire et ce que je dis quel écart !
Mais, je sais qu'il ne m'en veut pas, en tout cas, j'espère, car, je ne cherche rien. (si peut-être la durée) Pour Pascal S, je sais bien que personne n'est irremplaçable... que la maladie
touche aveuglement célébres ou inconnus ! Partir pour toujours ou un temps donné, c'est toujours faire souffrir quelqu'un !